Front de libération de la musique / HADOPI Jeu de massacre / RDV le 25 avril 14h

avril 23, 2009

HADOPI
« Jeu de massacre les yeux fermés »

Action du Front de Libération de la Musique (FLM)
samedi 25 avril 2009

14h Place Edouard Herriot

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Le Front de Libération de la Musique participera au rassemblement anti HADOPI samedi 25 avril 2009 à 14h à deux pas de l’Assemblée Nationale, Place Edouard Herriot pour dénoncer un projet de loi inefficace, coûteux et qui n’apporte rien aux auteurs.

« Inefficace car inapplicable techniquement, coûteux, basé sur la punition du public mais qui ne rapporte rien aux artistes, qui dit pire ? » ironise Agnès du FLM.

Le 9 avril dernier, les internautes se réunissaient pour fêter un événement rare dans l’histoire de notre république. En effet, le texte sur le projet de loi Création et Internet proposé par la Commission Mixte Paritaire a été rejeté par l’Assemblée Nationale à 21 voix contre 15.

Néanmoins, le texte repasse en lecture après les vacances parlementaires et ce dès le 29 avril pour un vote solennel planifié pour le 12 mai.

Ce texte, jugé comme absurde par une majorité des Français, est une riposte graduée visant à stopper le téléchargement illégal via les plateformes P2P. Après quelques avertissements, l’internaute verra son abonnement à Internet coupé mais il continuera de payer l’abonnement.

Non content de créer une usine à gaz coûteuse, la loi baptisée Création & Internet est même questionnée sur son application même, sans parler des risques en matière de vie privée (voir dossiers sur http://frontdeliberationdelamusique.wordpress.com)

Au-delà, le Front de Libération de la Musique s’interroge :
- A quoi sert une loi dont les fournisseurs d’accès disent qu’elle est inapplicable ?
- A quoi sert une loi de défense des artistes qui n’aborde pas la question de leur rémunération ?
- Punir l’internaute est-il le meilleur moyen de le pousser à acheter ?
- Avons nous la technique nécessaire pour incriminer les vrais « pirates » ?

Le risque est grand en effet de punir et faire payer « à l’aveugle » :
- Céline mère célibataire, sera-t-elle coupée d’internet parce que victor 8 ans a téléchargé l’intégrale des Cités d’Or ?
- Jérôme, chômeur pourra-t-il chercher du boulot si son colocataire a téléchargé le dernier Pascal Obispo ?
- Quid de Micheline, 65 ans, dont la ligne de l’espace public numérique, son cybercafé, a été coupée pour les 500 utilisateurs car l’un d’entre eux avait téléchargé le dernier Sanseverino ?
- Et André, proviseur à Lyon, sera-t-il puni parce qu’un de ses 800 élèves (ou 30 profs) aura eu la mauvaise idée de télécharger l’album : « Allons danser » de Michel Sardou[1]

Et pendant que leur public se fait dégommer, les artistes ne touchent pas un centime de plus…

Le Front de Libération de la Musique vous convie donc à un drôle de jeu de massacre lors du rassemblement samedi 25 avril 14h.
Le FLM remettra le HADOPI d’or aux meilleurs lanceurs de cd et disques durs à l’aveugle !

Pour gagner un HADOPI d’or,
a
menez vos CD gravés et venez vous mesurer au jeu de massacre


Samedi 25 avril 14h – Place Edouard Herriot (Assemblée Nationale)

OUI à une alternative, la licence ou mécénat global, non à HADOPI !

Contact:
Julien 06.20.21.10.53 / Agnes 06.14.62.42.32
frontdeliberationdelamusique@gmail.com / http://frontdeliberationdelamusique.wordpress.com


[1] D’ailleurs ne l’imitez pas c’est très mauvais !


Front de libération de la musique

avril 21, 2009

Appel à mobilisation le samedi 25 avril 2009 !


Hadopi: Ce que nous vivons, Monsieur Copé, s’appelle une révolution culturelle

avril 21, 2009

Nolwenn Tavarson, de son pseudo Plume, est une lectrice de Slate.fr. «J’ai 17 ans et je suis en terminale S, en Bretagne», nous a-t-elle écrit quand nous lui avons proposé de republier ce texte qui se trouvait au départ en commentaire sous la tribune de Jean-François Copé sur Hadopi. Nolwenn Tavarson a proposé de retravailler ce texte avant de le publier.

Hadopi tue les artistes, oui oui, vous avez bien entendu, elle les tue. Ce que nous vivons Monsieur Copé s’appelle une révolution culturelle: comme celle de l’écriture (adieu mémoire infaillible des orateurs), celle de l’imprimerie (adieu moines copistes) ou celle  — dans une moindre mesure — de la mondialisation avec l’apparition des multinationales pour la distribution de la musique (adieu petits disquaires de quartier). Cette révolution est un accès à la culture musicale inégalé avec une richesse infinie promettant la pérennisation d’une diversité culturelle sans égal et de manière égalitaire. Ne vous offusquez pas et finissez de me lire… vous apprendrez peut-être quelque chose d’une gamine de 17 ans sur l’innovation.

Les incohérences de la loi

Je ne m’attarderai pas là dessus, car ce n’est pas mon argumentaire, je ne fais que reprendre certains arguments logiques présentés maintes fois, d’ailleurs ces arguments vous pouvez les retrouver sur internet: de nombreux esprits avisés, des internautes citoyens, ont à travers le web réfléchi consciencieusement à tous les mécanismes de cette loi.

VPN privé, P2P encrypté, direct download, le réseau freenet, le logiciel Tor, cryptage systématique des données ou encore le bon vieux système de prêt de disques durs et bien d’autres, sont des moyens sûrs de s’approprier une œuvre et ils vont tendre à se développer. Les hackers (non pas les méchants, plutôt ceux embauchés par les gouvernements, ces gens passionnés adeptes de défis) vont rapidement développer des moyens pour contourner ces mesures (ils le font pour les régimes autoritaires bridant tout le réseau comme l’Arabie Saoudite ou la Chine). Ils seront ainsi démocratisés et adaptés pour être installés facilement sur de nombreux ordinateurs. Entraînant parfois peut-être des effets indésirables et problématiques: la prolifération à grande échelle des moyens de cryptage du réseau français rendra la tâche impossible aux policiers pour traquer les pédophiles, contenus antisémites, etc.

Un des aspects de cette loi met en place un délit de non surveillance de son accès Internet. En effet, il a été dit que les internautes devraient sécuriser leur réseau wifi. Pas si facile quand on sait que même dans les bâtiments du gouvernement les réseaux wifi sont interdits car impossibles à sécuriser! Si même l’Etat français ne peut sécuriser un réseau wifi, monsieur tout-le-monde le pourrait-il?

Apparemment oui, il faudrait ainsi donc payer pour pouvoir faire preuve de sa bonne foi, payer ce logiciel «pare-feu» pour ne pas être suspendu de connection internet. D’ailleurs, on ne sait même pas quel est ce logiciel (non-interopérable avec tous les systèmes d’exploitations de surcroit). Un pare-feu qui bloquera donc les téléchargements ou un journal des connexions entrantes dans l’ordinateur ou autre encore, le doute règne.

Les ayant droits devront ainsi payer des société privés afin qu’elles trouvent les contrevenants. Mais pensons-nous aux inégalités des moyens financiers de ces ayant droits? Entre le petit indépendant qui veut survivre et la grande major qui n’hésite pas à donner beaucoup pour que personne ne télécharge sa musique, il y a un gouffre financier. Pas sûr que ces deux exemples auront les mêmes chances face aux pirates.

De plus, de nos jours, il est de moins en moins rare qu’un seul modem donc une seule adresse IP ne déserve qu’un seul appareil informatique: ordinateurs de bureau ou ordinateurs portables pour des utilisations différentes ou selon les membres de la famille. De fait en installant ce «pare-feu» sur un seul ordinateur par exemple, on peut télécharger en toute impunité via un autre ordinateur sur la même IP et en même temps montrer patte blanche à l’HADOPI.

Le coût de cette loi: énorme. Et c’est le contribuable qui va payer: plutôt que de réprimer à tout prix, ne pourrions nous pas réinvestir cette somme d’argent dans le spectacle vivant ou tout autres projets culturels? Car c’est tout le monde qui payera pour l’application de cette loi: au travers des impôts, puis ceux qui voudraient se protéger via ce «pare-feu» et ceux qui payeront leur abonnement sans avoir accès à Internet car étant suspendu alors qu’ils n’ont pas piraté, nous avons ici trois sources de dépenses différentes pour les citoyens innocents si cette loi est mise en place.

Cette petite liste non-exhaustive des arguments contre la forme permet d’offrir un aperçu des incohérences de la loi Hadopi. Face à cette loi inadaptée à la réalité, il est temps de faire le pari de l’innovation.

Du téléchargement à la rémunération des artistes : innovons

Je vais ainsi parler un peu de moi. J’ai 17 ans, même pas fini mes études secondaires et j’ai découvert le jazz. Une passion qui est née grâce au streaming. Je me retrouve ainsi avec des goûts musicaux un peu différent de la majorité des jeunes de mon âge. Allumez la radio, allumez la télé, et vous pourrez entendre les mêmes genres musicaux, les mêmes artistes, les mêmes musiques qui reviennent souvent, produites par ces fameuses grosses Majors.

Les artistes donnent à travers leur contrat une énorme partie de leur chiffre d’affaire, presque toujours au-dessus de 50%, pour se voir éditer leur CD et être largement diffusé ou simplement pour se retrouver sur des plateformes de téléchargement légales.

Ce que les industries culturelles ont mis longtemps à comprendre, c’est qu’il n’y aura bientôt plus de CD et plus besoin des mass médias pour se faire entendre. Aujourd’hui, n’importe quel artiste peut se diffuser par le web et s’il est bon, il y trouvera son public (Par exemple les initiatives de Radiohead ou de Nine Inch Neils sont les plus connus).

L’Internet est une fabuleuse chance de richesse culturelle et d’accès pour tous à la culture musicale. Une chance pour les artistes qui peuvent ne plus dépendre de ceux qui prennent une partie non négligeable de leur revenu et peuvent se passer de maison de disque, réunir des techniciens, enregistrer en studio et se trouver diffuser sur le web. Internet bouleverse les enjeux de la culture musicale, et nous devons nous adapter plutôt que de résister au progrès.

En innovant, nous nous offririons le luxe d’être légal et de couper l’herbe sous le pied du téléchargement. C’est un pari audacieux que de miser des promesses, ainsi vais-je apporter une solution en m’inspirant du modèle économique d’un logiciel: Spotify.

Ce logiciel est du streaming combiné à du partage en peer-to-peer, ainsi le débit est fluide et les hébergeurs de Spotify n’ont pas à supporter les énormes frais de la bande passante nécessaire. Soit vous acceptez la publicité sur le logiciel et l’écoute est gratuite soit vous payez 10euros/mois et vous n’avez pas de pub. Dans les deux cas vous rémunérez d’une manière où d’une autre les artistes que vous écoutez. J’ai envie de dire: regardez, la licence globale ou contribution créative ou quelque soit son nom, existe déjà!

Tous, vraiment tous les témoignages que j’ai pu lire attestent qu’avec une utilisation de sites ou logiciels de musique streaming, les gens ont arrêté de télécharger: pourquoi continuer à télécharger ce que l’on à portée de main et de manière plus rapide et en meilleur qualité?

Avec l’extension de la couverture des réseaux tels que EDGE ou la 3G, la multiplication des spots wifi gratuits ou ouverts par les particuliers, entreprises et écoles, le développement de la Wimax ainsi que la large adoption des plateformes mobiles (PC portables,netbook, smartphones), toute l’évolution des réseaux de communications et les moyens d’y accéder vont permettre à long terme d’avoir un accès global, décentralisé et dématérialisé de la culture musicale à travers le streaming.

Libérer la représentation d’une œuvre à travers du streaming en illimité permettrait aux artistes d’être plus facilement connus. On pourrait alors passer d’une économie de la gratuité à une économie de rareté sur des produits physiques à forte valeur ajoutée tels que les dvds de luxe, des places des concerts, des articles dérivés, etc. Quand on aime, on ne compte pas et c’est bien une histoire d’amour qui existe entre les artistes et leurs publics.

Personne ne veut la mort des artistes mais aujourd’hui, pouvoir accéder rapidement et sans payer à la culture musicale est entré dans les mœurs. Pourquoi ne pas simplement répondre à la demande du marché en permettant la représentation illimitée des œuvres de l’esprit que produisent les artistes tout en développant une économie de rareté sur des produits physiques et rares que les fans réclament?

A 17 ans, c’est mon idéal: l’accès à la culture musicale pour tous, que chaque artiste ait sa chance et son public tout en étant rémunéré. Cet idéal ne peut se réaliser sans l’adhésion du gouvernement qui pourrait alors veiller à cet accès à Internet pour tous tel que le prévoit le plan Besson numérique 2012.

Au lieu de réprimer, innovons et devançons l’illégalité en refondant une économie de la culture dépassée par les innovations technologiques. C’est un espoir formidable pour la culture, pour tous les citoyens et vous avez raison monsieur Copé, qui mérite que l’on s’y attarde!

http://www.slate.fr/story/4151/petite-le%C3%A7-sur-hadopi-par-une-jeune-fille-de-17-ans


Amendement Bono : Trautmann choisit un compromis mou

avril 21, 2009
Mise à jour : contre toute attente, et grâce à la pression des internautes de toute l’Europe, la commission ITRE du Parlement Européen a choisi de réintroduire l’amendement Bono en seconde lecture du Paquet Télécom, sans rien toucher à sa formulation première.

Voici la suite du feuilleton de l’amendement Bono. C’est ce mardi soir que la commission Industrie du Parlement européen doit adopter le rapport Trautmann dans lequel figure l’amendement Bono (anciennement amendement 138, désormais amendement 46), qui prévoyait dans sa première mouture qu’aucune “restriction aux droits et libertés fondamentales des utilisateurs finaux (d’internet) ne doit être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire”. Après deux tentatives infructueuses de compromis avec le Coreper, l’eurodéputé socialiste Catherine Trautmann a accepté un compromis pour mettre fin au blocage.

La plus mauvaise nouvelle, c’est que l’amendement anti-riposte graduée a été relégué au préambule, sous forme de considérant. Ce qui, en pratique, n’oblige pas les Etats membres à le transposer en droit national, mais aura simplement valeur interprétative auprès des tribunaux, en cas de conflit.

Deuxième mauvaise nouvelle, les mots “autorité judiciaire” qui excluaient sans aucun doute possible l’Hadopi (une autorité administrative) de toute possibilité de prononcer la suspension de l’abonnement à Internet ont été remplacés par l’exigence d’un “tribunal indépendant et impartial établi par la loi“. Or la notion de tribunal est plus floue, et le gouvernement français défendra l’idée que la commission de protection des droits de l’Hadopi, composée de trois magistrats, forme un tribunal indépendant et impartial établi par la loi. Un tribunal peut être administratif.

Le considérant tel qu’il a été accepté par le Coreper prévoit ainsi désormais que “toute restriction imposée dans l’exercice de(s) droits fondamentaux (relatifs à internet) doit faire l’objet d’une décision par un tribunal indépendant et impartial établi par la loi dans le respect de la procédure tel qu’elle est définie dans l’article 6 de la Convention pour la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales“. Cette référence à l’article 6 de la CEDH peut embêter la France si l’Hadopi ne présente pas davantage de garanties du respect du procès équitable, notamment au regard du deuxième alinéa qui dispose que “toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie“. Dans l’état actuel de la procédure prévue par l’Hadopi, c’est à l’internaute accusé d’établir les preuves de son innocence.

Mais si la référence à la CEDH est contraignante, elle n’est là encore qu’interprétative, et laisse donc à la France tout loisir d’attendre qu’une procédure arrive jusqu’à la cour européenne des droits de l’Homme avant de modifier le fonctionnement de l’Hadopi. A moins que le Conseil constitutionnel ne soulève lui-même le problème, s’il comprend qu’une adresse IP sur un relevé d’infractions ne peut pas être une preuve suffisante.

Inquiète de ce compromis mou, la Quadrature du Net a appelé tous les citoyens de l’Union Européenne à appeler leurs députés européns membres de la commission Industrie du Parlement Européen pour leur demander de rejeter la proposition de compromis et de voter l’amendement 46 qui reprend le texte de l’amendement Bono, tel qu’adopté par 88 % des eurodéputés.

Aucun compromis ne peut être toléré lorsqu’il s’agit de sauvegarder des droits et libertés fondamentaux. Nous avons tous besoin d’un Parlement fort qui protège les citoyens de l’UE et qui ne plie pas sous la pression du Conseil“, a estimé Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net. “Dans cette période de crise de confiance dans les institutions de l’UE, et peu de temps avant les élections, le Parlement doit protéger les citoyens en faisant adopter l’amendement 138/46“.

Guillaume Champeau

http://www.numerama.com/magazine/12693-Amendement-Bono-Trautmann-choisit-un-compromis-mou.html


Faux procès : Les pirates paient

avril 21, 2009

La rengaine commence à être connue. N’en déplaise aux partisans d’Hadopi ou aux parties plaignantes du procès Pirate Bay, les plus grands consommateurs de morceaux illégalement téléchargés seraient également les plus grands acheteurs de musique légale. Une étude canadienne l’avait déjà suggéré en 2006, et une autre étude norvégienne vient d’aboutir à une conclusion similaire.

Effectuée par les chercheurs de la BI Norwegian School of Management, l’étude a été conduite en novembre 2008 sur 1901 individus âgés de plus de 15 ans originaires de pays différents. Parmi les limites de l’étude, on peut noter l’absence de prise en compte de services d’écoute légale en ligne comme Spotify (qui sera inclus dans la prochaine étude de l’Ecole, prévue pour le mois de mai). Bonne nouvelle par contre pour la crédibilité de l’étude : d’après The Guardian, les chercheurs ont exigé des justificatifs d’achats aux sondés se déclarant acheteurs de musique. On apprend ainsi que les amateurs de téléchargement illégal (notez que les questions de l’étude optaient pour le terme « gratuit » à la place de « illégal ») ont dix fois plus de probabilité d’acheter de la musique que les novices du peer-to-peer.

Un discours qui passe mal auprès des majors. Interrogé par le quotidien norvégien Aftenposten (traduction Google disponible ici), Bjørn Rogstad, de EMI, déclare : « ce qui est vraiment sûr, c’est que la consommation de musique augmente, mais les revenus de l’industrie diminuent, et ça ne peut s’expliquer que par l’importance du piratage face aux ventes légales ».

Paradoxalement, cette mise en doute du lien de cause à effet entre téléchargement massif et achats de musique est partagée par Cory Doctorow, romancier, blogueur et spécialiste des questions de copyright. Pour lui, il convient de ne pas faire d’amalgame. Sur le site BoingBoing, il explique qu’il a effectivement constaté que les gros téléchargeurs sont généralement les premiers à assister aux concerts, jouer de la musique, faire des playlists à leurs contacts… D’après Doctorow, l’effet incitatif du P2P est tout relatif, et le lien entre téléchargement illégal et achats légaux est avant tout révélateur des spécificités du comportement des mélomanes.

« Si vous faîtes partie des 20% de fans qui achètent 80% des disques, vous êtes probablement dans les 20% de téléchargeurs qui téléchargent 80% de la musique, les 20% de spectateurs qui achètent 80% des places de concerts, etc. », explique Doctorow. Conséquence implacable : « Cela veut dire que lorsque l’industrie du disque cible les “pires délinquants” dans ses campagnes contre le téléchargement, les gens qu’elle attaque sont ceux qui dépensent le plus pour la musique ». Et par la même occasion, souvent ceux qui la feront demain, comme notre cher André Manoukian l’avait avancé en déclarant : « si le Net a bouffé l’industrie du disque, il a rendu la créativité aux mômes. (…). Les jeunes Français qui font de la musique se sont emparés de tout l’héritage musical grâce au Net… Et ça donne des choses qu’on n’aurait pas entendues il y a sept ans. » Gare à l’Erreur Terrible de Casting pour les pirates, donc.

par Alexandre Hervaud

http://www.ecrans.fr/Faux-proces-Les-pirates-paient,7000.html


Sur iTunes, pour 0,69 euro, t’as plus rien…

avril 20, 2009

C’est un tournant majeur pour la vente de musique en ligne. Sur sa plate-forme iTunes, Apple a renoncé au tarif de 0,99 euro par morceau. Le prix pourra augmenter pour les tubes du moment, mais baisser pour les autres titres. Les concurrents d’Apple vont suivre son exemple. La fin du prix unique devrait coûter cher aux internautes.

Promise depuis janvier, la nouvelle tarification est entrée en vigueur le 7 avril. C’est le résultat d’un compromis entre l’industrie du disque et Apple. La première a accepté la disparition des DRM, les « verrous » censés empêcher le piratage des fichiers.

Le second a consenti à proposer trois tarifs différents :

  • 0,99 euro : le « prix de référence », inchangé
  • 1,29 euro : une majoration réclamée par les maisons de disques pour les tubes, récents ou anciens
  • 0,69 euro : un tarif « promo » pour relancer les ventes du « fond de catalogue »

Apple, leader mondial du téléchargement, oblige ses concurrents à suivre. « Nous le ferons d’ici un mois », explique à Eco89 François Gerber, directeur des activités numériques de la Fnac. Aux Etats-Unis, le site Amazon et le groupe de grande distribution Wal-Mart (qui vend aussi de la musique en ligne) ont déjà adopté cette nouvelle politique tarifaire.

Les titres bon marché bien cachés

Apple n’a pas souhaité répondre à nos questions ou nous fournir de statistiques. Eco89 est donc allé faire son marché sur iTunes. Bilan : les morceaux à 0,69 euro sont rares et bien cachés. Pour les tubes et les nouveautés, l’inflation a déjà commencé, mais elle ne concerne encore qu’une poignée de morceaux.

Parmi les 100 morceaux les plus téléchargés sur iTunes, aucun titre à 0,69 euro, et neuf seulement à 1,29 euro. C’est le cas, par exemple, du dernier single de Green Day. En revanche, les nouveaux Eminem, Depeche Mode et Superbus sont toujours vendus 0,99 euro. Tout comme le numéro un du classement, « Ça m’énerve » d’Helmut Fritz.

Même tendance dans les classements des meilleures ventes par genre musical. Y compris aux rayons susceptibles de proposer les titres les plus anciens : aucun titre à 0,69 euro pour le blues, un seul pour le jazz (un remix de Nina Simone) et pour le folk (une chanson de Joan Baez), et deux pour la country (des chansons de Johnny Cash).

Le rayon rock illustre bien les ambiguïtés de la nouvelle tarification. Dans le « top 100 », « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana ou « I Was For Loving You » de Kiss coûtent plus cher que des nouveautés.

Pour dénicher des morceaux à 0,69 euro, il faut sortir du top 100. Et faire preuve de curiosité : ce tarif « promo » s’applique aux titres les moins connus. D’un morceau à l’autre, la discographie du Velvet Underground oscille ainsi entre 0,69 et 0,99 euro.

Capitaliser sur les succès

Pour les maisons de disques, la logique est simple : capitaliser sur les titres à succès en majorant leur prix, et relancer les ventes des autres en minorant le tarif. Résumé de David El Sayegh, directeur juridique et des nouvelles technologies du Snep (Syndicat national de l’édition phonographique) :

« Le tarif monolithique ne prenait pas en considération à la fois le fond de catalogue et les nouveautés. Il avait été imposé à l’époque par iTunes. Désormais, avec le prix de 1,29 euro, nous disposons d’une prime à la nouveauté. »

Le fond de catalogue est, lui, déjà « amorti ». En diminuant les prix, les maisons de disques espèrent donc donner une seconde vie à des vieilleries qui ne leur rapportent plus grand-chose. A terme, la même logique pourrait s’appliquer aux albums, dont le prix reste fixé de manière uniforme à 9,99 euros.

La réalité n’est pas aussi simple. La « prime à la nouveauté » s’applique aussi à des morceaux… anciens. Et elle pourra renforcer la motivation des adeptes du téléchargement illégal. Selon Reuters, pour rendre l’offre plus alléchante, les maisons de disques envisagent de proposer des « packages » à 1,29 euro, incluant la sonnerie de téléphone ou le clip vidéo.

Le rêve de la « longue traîne »

Le tarif « promo » du fond de catalogue ne devrait pas davantage atténuer le téléchargement illégal. David El Sayegh l’admet :

« 69 centimes, ce n’est pas trop cher par rapport au catalogue proposé, mais par rapport au gratuit obtenu illégalement, c’est toujours très cher. »

L’industrie musicale espère en fait bénéficier de l’effet de la « longue traîne », théorisé par Chris Anderson, patron du magazine Wired. Sur Internet, l’accumulation des ventes en petite quantité de morceaux « pointus » ou méconnus pourrait générer un chiffre d’affaires supérieur à celui des titres les plus populaires.

Pour l’instant, la réalité ne confirme pas cette théorie. Selon une étude anglaise, sur le marché des morceaux vendus à l’unité, 80% du chiffre d’affaires est réalisé par 52 000 références, alors que 13 millions de titres sont disponibles en ligne. Pour les albums, c’est pire : 85% d’entre eux n’auraient pas vendu un seul exemplaire en un an.

Baisse des ventes, mais hausse du chiffre d’affaires

La disparition du prix unique profitera-t-elle vraiment aux maisons de disques ? Aux Etats-Unis, le magazine Billboard a dressé un bilan de la première semaine, en se penchant sur le « top 100 » d’iTunes :

  • Les ventes des 33 titres passés à 1,29 dollars ont reculé de 12,5%, alors que celles des morceaux restés à 0,99 dollars ont progressé de 9,9%.
  • Les titres vendus plus cher ont reculé dans le classement des meilleures ventes (c’est aussi le cas en France, où le morceau le plus vendu à ce prix, « I’m Yours » de Jason Mraz n’est que 19e).
  • Mais la hausse du prix aurait compensé la baisse des ventes. Selon les estimations de Billboard, le chiffre d’affaires total des 100 plus grosses ventes aux Etats-Unis aurait progressé de 9,5%.

Pour Apple et les maisons de disques, la tendance provisoire est donc plutôt positive. Pour les internautes, en revanche, la fin du prix unique n’est pas forcément une bonne nouvelle.

Cette nouvelle tarification va à l’encontre de la loi de l’offre et de la demande, et pénalisera ceux qui préfèrent les tubes du moment et les grands classiques aux perles oubliées de la country ou du jazz.

Seul espoir d’éviter l’inflation : une guerre des prix entre les différentes plates-formes de téléchargement. Au Royaume-Uni, Amazon a décidé de défier Apple en proposant une centaine de titres récents à 32 centimes.

Par François Krug

http://eco.rue89.com/2009/04/20/sur-itunes-pour-069-euro-tas-plus-rien


Quand Sarkozy empoisonne Bruxelles avec la Hadopi

avril 20, 2009

Il n’y a pas qu’au Parlement français que la Hadopi fait jazzer : depuis quelques mois, elle rend dingue tout Bruxelles ! A cause du lobbying forcené du gouvernement français pour retirer un simple amendement du Paquet Télécom, ce dernier, censé réguler le secteur des télécommunications et nouvelles technologies, pourrait bien capoter tout entier dans les jours prochains, laissant bras ballant quelques milliers d’entreprises européennes, qui attendaient notamment des mesures d’encouragement économique.

L’amendement anti-Hadopi qui rend fou Sarkozy
Au départ de cette zizanie, le texte de Guy Bono, Daniel Cohn-Bendit et Zuzana Roithová interdisant toute interruption du service Internet sans une décision de justice préalable. Une interdiction qui menace directement la riposte graduée prévue par Nicolas Sarkozy dans sa Hadopi pour lutter contre le piratage.


Furibard, le chef de l’Etat français tente de profiter de son poste de président du Conseil pour dégager l’amendement en écrivant à José-Manuel Barosso, le président de la Commission en personne. Manque de chance, l’amendement 138-46 avait été plébiscité par 88% de l’hémicycle strasbourgeois, empêchant la manœuvre !

Mais Paris n’a pas lâché l’affaire pour autant : présent par le Conseil, le gouvernement français a continué son forcing contre les partisans de l’amendement anti-Hadopi. «La droite française a même fait campagne en me présentant comme une ancienne ministre de la Culture qui se serait retourné contre les artistes !», raconte à Marianne2.fr Catherine Trautmann, eurodéputé socialiste en charge du rapport comprenant l’amendement Bono.

Les élections européennes s’invitent dans la bataille
A cause de ce seul point d’achoppement, tout son rapport, et le Paquet Télécom avec, pourraient bien être repoussés de plusieurs mois. Car pour passer, il doit recevoir l’aval du Conseil, où la France a été ralliée par les Anglais, les Tchèques, les Suédois, les Portugais, etc. soit une majorité opposée à l’amendement ! Histoire de faire passer malgré tout le principe, Trautmann tente de le faire passer sous une forme non contraignante qui mettrait tout le monde d’accord…


…une option qui déplaît souverainementaux anti-Hadopi français qui font pression pour que l’eurodéputé ne lâche rien : rendre la loi Création et Internet d’Albanel illégale serait la meilleure façon d’enterrer le projet en France. Sans compter les candidats aux européennes, notamment sur les listes Europe Ecologie, qui montent l’affaire en épingle pour fragiliser Trautmann, candidate dans la région Grand Est pour le PS.

L’échec de la Hadopi : un vaccin pour les partenaires européens !
«Le problème est que cet amendement n’est pas directement lié au Paquet Télécom : la régulation des nouveaux réseaux mérite un débat à elle seule», soupire Catherine Trautmann. Faute de réussir à faire passer cet amendement, l’eurodéputé socialiste espère réussir à faire entendre que cette confusion était le seul fait du Conseil, et notamment des Français.

Entre le marteau et l’enclume, l’eurodéputé se réjouit cependant : «avec l’expérience française de la loi Internet et Création au Parlement, toute l’Europe a été vaccinée : personne ne veut tenter l’expérience Hadopi !» Reste à savoir si Bruxelles vaccinera le droit européen contre les abus de la loi Création et Internet.

Sylvain Lapoix
http://www.marianne2.fr/Quand-Sarkozy-empoisonne-Bruxelles-avec-la-Hadopi_a178114.html

Hadopi: lettre ouverte à un représentant de la nation

avril 20, 2009

«Monsieur, Madame,

Contrairement à ce qu’ont pu dire ou écrire certains, Internet ce n’est pas cinq gus dans un garage mais, pour ne parler que de la France, des dizaines de millions de personnes qui grâce à cet outil fantastique travaillent, se divertissent, s’instruisent et communiquent à travers les continents.

Ces personnes estiment qu’en utilisant cet outil elles doivent bénéficier des mêmes libertés et des mêmes garanties que celles qui sont offertes à tous citoyens de notre pays dans toutes les autres circonstances, libertés et garanties qui forment le ciment de notre nation et dont vous êtes le garant. Ils constatent que malheureusement ceci n’est pas le cas lorsqu’ils utilisent Internet. Les quelques exemples ci-dessous devraient vous en convaincre.

-Lors du vote de la loi du 21 juin 2004 auquel vous avez peut être participé, il a été prévu que les fournisseurs d’accès à Internet devraient conserver et mettre à la disposition de la police (sans commission rogatoire d’un magistrat) les identificateurs de tous les échanges réalisés entre personne par voie numérique (expéditeur, destinataire, date, adresses). Auriez-vous approuvé ou approuveriez-vous aujourd’hui que le même texte soit appliqué aux échanges de courrier acheminés par la Poste ou aux échanges téléphoniques?

- Accepteriez-vous de voter une loi permettant d’envoyer des avertissements écrits à une personne au motif qu’une infraction a été commise dans ou à proximité de  l’immeuble ou du ce quartier où elle réside et ce sans que sa participation à l’infraction ne soit prouvée ? C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi (article L. 331-24).

- Accepteriez-vous de voter une loi précisant qu’à réception d’un de ces courriers le destinataire n’ait aucune possibilité de se justifier? C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi (article L. 331-24 dernier alinéa).

- Accepteriez-vous de voter une loi précisant que, après deux envois de ces courriers, il soit possible à une autorité administrative et non judiciaire de couper l’accès au téléphone et/ou à la télévision pour tous les membres d’une famille parce que personne n’a pas mis en place dans le logement les moyens pour que la prétendue infraction ne se produise plus (toujours sans qu’aucune preuve ne soit rapportée sur l’identité de l’auteur de l’infraction ni même sur le fait que cet auteur fasse partie de la dite famille)?  C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi pour l’accès à Internet (article L. 331-25).

- Accepteriez-vous de voter une loi précisant que, en cas de vol d’un véhicule et d’accident causé par le voleur, le propriétaire du véhicule voit son permis retiré sans possibilité de se justifier avant le retrait et soit exposé à une peine de prison en cas de victimes dans cet accident? C’est ce que prévoient les dispositions combinées de la loi dite Hadopi et de la loi DADVSI en créant un être juridique nouveau qui sans être une infraction en est cependant une: la non sécurisation de sa connexion (article L 336-3). Cet être juridique nouveau devient encore plus étrange lorsqu’on sait que des institutions aussi prestigieuses que la Nasa la NSA ou le Pentagone n’arrivent pas à protéger totalement leurs connexions. Vous ne manquerez pas de vous poser la question de savoir comment l’utilisateur lambda va pouvoir être plus performant que ces institutions pour arriver à respecter la loi.

- Accepteriez-vous de voter une loi obligeant les citoyens à se dénoncer entre eux en l’absence d’infraction, pour tout comportement anormal? C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi puisqu’il nous est dit que la procédure qui sera employée n’est pas une sanction judiciaire et ne fait pas obstacle à cette dernière (article L 331-20).

- Accepteriez-vous de voter une loi permettant à toute autorité administrative d’infliger une sanction applicable dans un délai de 15 jours maximum, et ce, hors la présence d’un juge, et de prescrire toute action à l’encontre de cette décision par un délai d’un mois, quand on sait qu’en raison de l’encombrement des rôles des tribunaux, l’affaire ne pourra être exposée qu’au terme de plusieurs mois? C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi (Article L. 331-29)

- Accepteriez-vous de voter une loi permettant toutes ces violations des libertés publiques pour préserver les profits de quelques industriels? C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi.

Question subsidiaire: estimez-vous que l’activité de pressage ou de vente de disques soit un acte de création culturelle?

Si vous avez répondu «Non» à une ou plusieurs des questions ci-dessus, vous refuserez de voter la loi «Création et Internet’» dite Hadopi en l’état et exigerez que les libertés publiques, fondement de notre nation, soient respectées. Vous demanderez au gouvernement de présenter ou présenterez vous-même une loi qui protège les créateurs et non simplement les industriels, en particulier en favorisant la diffusion d’oeuvres à travers les nouveaux média générés par Internet et en mettant en place un mode de rémunération acceptable par les consommateurs et les artistes tel le système de la licence globale.

Dans le cas contraire je serais conduit à estimer que votre action ne prépare pas notre pays aux défis de l’avenir et, est de surcroît, une menace pour le respect des libertés publiques dans notre pays.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’expression de ma considération distinguée.

Michel Reynaud

http://www.slate.fr/story/4085/lettre-ouverte-%C3%A0-un-repr%C3%A9sentant-de-la-nation


Loi Création et Internet : un vote solennel le 12 mai

avril 20, 2009

Le projet de loi Création et Internet a signé son retour pour deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 29 avril 2009. Il y siégera jusqu’à éventuellement la semaine du lundi 4 mai 2009. Un vote solennel est prévu le mardi 12 mai.

L’ordre du jour de l’Assemblée nationale proposé par la Conférence des Présidents a introduit le texte du projet de loi Création et Internet pour nouvelle lecture à partir du mercredi 29 avril 2009 dans l’après-midi. Au préalable, le texte voulu pour lutter contre le téléchargement illégal sera représenté auprès de la commission des lois.

On s’attend donc au retour du projet de loi dans sa teneur votée par les députés le 2 avril 2009, alors que les modifications apportées par la Commission Mixte Paritaire pour harmoniser le texte voté en octobre 2008 par le Sénat ont abouti à son rejet surprise le 9 avril 2009. À mois que ce rejet ne soit le fait d’un absentéisme prononcé des députés ou d’un ” mauvais tour ” joué par la gauche selon le message martelé par l’UMP.

Dans cette version du projet de loi, la fameuse ” double peine ” voulant qu’un internaute dont l’abonnement aura été suspendu continue à le payer dans son intégralité le temps de cette suspension, sera à priori annulée. C’est l’un des points qui risque de faire débat parmi d’autres avec les députés opposés au texte qui ont promis de nombreux amendements même si selon eux tout a été fait afin que le temps leur manque pour les déposer.

Ces débats devraient se prolonger jusqu’à la semaine du lundi 4 mai pour se poursuivre avec plusieurs coupures. La députée Martine Billard a indiqué avoir demandé au nom du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (Verts-PC) un vote solennel. Un scrutin public qui favorise la présence d’un grand nombre de députés et se déroule le mardi après-midi après les questions au Gouvernement. Ce vote solennel aura donc lieu le mardi 12 mai 2009.

http://www.generation-nt.com/creation-internet-hadopi-vote-solennel-assemblee-actualite-265771.html


HADOPI – Le texte sera examiné le 29 avril

avril 15, 2009

La loi Hadopi, rejetée par les députés le 9 avril, va revenir en examen devant l’Assemblée le 29 avril. “Nous avons décidé d’inscrire le projet de loi Internet dès la semaine de la rentrée parlementaire. Nous nous réunirons en commission le 27″, a indiqué Jean-François Copé à l’issue d’une conférence des présidents qui fixe l’ordre du jour de l’Assemblée. Le mardi 28, les députés plancheront sur l’inceste. “Ensuite, le mercredi 29, nous réinscrivons en deuxième lecture le texte sur les droits d’auteur et leur protection face au téléchargement illégal”, a précisé le président du groupe UMP.

À main levée, par 21 voix contre 15, l’opposition PS-PCF-Verts, soutenue par quelques députés de la majorité, a rejeté, le 9 avril, la version issue de la commission mixte paritaire (CMP) du texte “Protection des droits sur Internet”, qui prévoit de sanctionner le téléchargement illégal par une coupure de l’accès à Internet. Cette version de la CMP a été adoptée le matin même au Sénat. Jean-François Copé et les ténors de la majorité ont accusé les députés socialistes de s’être cachés à proximité de l’hémicycle pour entrer par surprise au moment du vote. Le Parlement, actuellement en vacances, ne siège pas jusqu’au mardi 28 avril.

“Déni de démocratie”

Le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer n’a pas caché qu’il aurait préféré que le nouvel examen eût lieu “dans plusieurs semaines” pour éviter “la précipitation, jamais très bonne sur le plan politique et sur la qualité du travail”. Avant même que celui-ci ne convoque la conférence des présidents, Jean-François Copé a en effet avancé la date du 28 avril, justifiant l’urgence du réexamen notamment par le fait que “des artistes ne trouvent plus de maisons pour éditer leurs oeuvres”.
Pour la députée PS George Pau-Langevin, c’est parce que “les députés, notamment de la majorité, n’étaient pas convaincus” par ce texte qu’il n’a pas été voté et que Copé fait figure, selon elle, de “mauvais perdant”. La députée Verts Martine Billard s’insurge, elle, contre “un déni de démocratie” du groupe UMP qui “a décidé de faire passer coûte que coûte cette loi” avec “des délais de réexamen prévus au pas de charge” pour répondre aux “désirs de l’Élysée”.

http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-04-15/hadopi-le-texte-sera-examine-le-29-avril/917/0/335077


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